Retour sur la filière houblon dans le Grand Est
Retour sur la filière houblon dans le Grand Est
Les tiges de houblon sont aujourd’hui encore peu utilisées en dehors des filières énergétiques et du compostage. Pourtant, la région Grand Est regorge d’houblonnières qui ne demandent qu’à valoriser leurs résidus agricoles dans des filières à plus forte valeur ajoutée.
Le projet HOPTEX : explorer le potentiel des tiges de houblon
En 2024 et 2025, le projet HOPTEX a permis de démontrer le potentiel des fibres et du bois de houblon.
En effet, la morphologie de la tige de houblon est similaire à celle d’autres plantes à fibres libériennes, telles que le lin, le chanvre ou l’ortie. La fibre se situe à la périphérie de la tige, tandis que le centre est constitué de bois. Ce dernier est composé de cellules plus courtes et dont les parois sont beaucoup plus fines. Les cellules des fibres, quant à elles, sont plus longues et présentent des parois plus épaisses.
Les principales différences entre ces plantes résident dans la taille et le diamètre de leurs tiges. Une question se pose donc : que peut-on réaliser à partir de cette ressource ?
De la tige à la fibre : les étapes de transformation
En collaboration avec le lycée agricole d’Obernai et sa ferme, des tiges de houblon ont été récupérées et traitées selon les procédés habituellement utilisés pour les plantes à fibres libériennes :
- Nettoyage : retrait des branches et des feuilles pour ne conserver que les tiges.
- Rouissage : dégradation des pectines afin de faciliter la séparation des fibres et du bois.
- Décorticage : fragmentation du bois pour permettre la récupération des fibres.
- Ouvraison : poursuite de la séparation entre le bois et les fibres, ainsi que début de la séparation des fibres entre elles (affinage).
- Cardage : finalisation de l’affinage des fibres.
Des résultats prometteurs sur les propriétés des fibres
Une fois ces étapes réalisées, les fibres ont été caractérisées selon plusieurs critères : leur longueur, leur diamètre et leur résistance mécanique à la traction.
À son terme, le projet a permis :
- De comparer les propriétés morphologiques et mécaniques des fibres de houblon à celles d’autres fibres industrielles plus connues, afin d’identifier les voies de valorisation les plus pertinentes. Les résultats ont montré que les fibres de houblon présentent des caractéristiques proches de celles du chanvre.
- De valider plusieurs paramètres du procédé, notamment le type de rouissage optimal pour faciliter au maximum la séparation des fibres et du bois. Cette étape conditionne à la fois la facilité de mise en œuvre du procédé et son intérêt économique : plus le bois se détache facilement, moins la matière doit être manipulée et plus les fibres conservent leur longueur. Or, des fibres longues peuvent être utilisées dans une plus grande diversité d’applications.
L’explosion à la vapeur : une voie d’amélioration du procédé
En parallèle, le pilote d’explosion à la vapeur du LERMAB, mis en service à la même période, a été utilisé pour améliorer la séparation du bois et des fibres, ainsi que la séparation des fibres entre elles.
Cette méthode, peu énergivore, a permis de dégrader efficacement les pectines sans altérer les fibres elles-mêmes.
Des avancées scientifiques concrètes
Ces travaux ont contribué à la publication de plusieurs articles scientifiques ainsi qu’à la réalisation d’une thèse :
- Valorisation des déchets biosourcés pour la production de matériaux innovants — Thèse de Peter El-Hage.
- Hop stems, a new fibrous bioresource — Limousin et al., 2023.
- Homogeneous fibers from hop stems via steam explosion: advancing a novel bioresource — El Hage et al., 2026.
Et maintenant ? Vers de nouvelles applications
En d’autres termes, le potentiel de valorisation des fibres de houblon a été démontré. Les recherches se poursuivent aujourd’hui au sein du LERMAB afin de déterminer les applications les plus prometteuses.
La région Grand Est peut être fière de disposer de telles ressources, mais aussi de pouvoir s’appuyer sur une belle synergie entre les collectivités, les organismes publics et les entreprises privées !




Bioeconomy For Change, partenaire de la Région Grand Est