FAQ biocarburants
Découvrez notre FAQ sur les biocarburants : les enjeux environnementaux et réponses aux questions les plus fréquentes.

Les enjeux environnementaux
Contrairement aux autres régions du monde, les biocarburants doivent respecter en Europe des critères de durabilité stricts permettant de s’assurer qu’ils constituent une solution durable au remplacement du pétrole. En ce qui concerne les émissions de gaz à effet de serre (GES), les critères dépendent de l’usine de production de biocarburant. Ainsi, selon la directive européenne sur les énergies renouvelables, les biocarburants doivent permettre une réduction d’au moins 50 à 65 % des émissions de gaz à effet de serre par unité d’énergie par rapport au carburant fossile, selon la date de mise en service de l’installation de production. [1]
Le calcul des émissions de GES des biocarburants prend en compte l’ensemble du cycle de vie, incluant notamment les émissions liées à la culture des matières premières, les émissions du transport et celles dues à la transformation.
[1] Directive (UE) 2018/2001 RED II
Directive (UE) 2023/2413 RED III
Commission européenne – Renewable Energy Directive
https://energy.ec.europa.eu/topics/renewable-energy/renewable-energy-directive-targets-and-rules_en
ADEME – Analyse du cycle de vie des biocarburants
https://librairie.ademe.fr
Les impacts sur l’eau et les sols dépendent avant tout des pratiques agricoles et du type de culture. Les cultures utilisées pour les biocarburants de première génération (colza, blé, maïs, betterave) sont généralement les mêmes que celles destinées à l’alimentation et sont cultivées dans les mêmes systèmes agricoles.
Dans certains cas, ces cultures peuvent contribuer à améliorer les rotations culturales et la fertilité des sols. [2]
[2] ADEME 2022 – Analyse du cycle de vie des biocarburants
IEA Bioenergy Task 39
Commission européenne – Impact assessment RED II
Afin de limiter les changements d’affectation des sols, les critères règlementaires de durabilité excluent les biocarburants produits à partir de terres riches en biodiversité, de terres présentant un important stock de carbone, ou de tourbières ou de terres déforestées.
La réglementation européenne introduit également des règles spécifiques concernant les changements indirects d’affectation des sols (ILUC), notamment pour certaines matières premières à risque élevé comme l’huile de palme.[3]
[3] Directive RED II (2018/2001)
Commission européenne – ILUC delegated regulation 2019/807
Depuis 2019, dans le cadre de la lutte contre la déforestation importée, l’huile de palme a été exclue en France des dispositifs fiscaux favorisant les biocarburants et des mécanismes d’incorporation, dans le cadre de la lutte contre la déforestation importée. [4]
Ainsi, la part d’huile de palme les biocarburants durables incorporés en France dans la filière Gazole est passée de 23% en 2019 à 0% aujourd’hui. En 2025, les matières principalement utilisées dans les biocarburants incorporés en France sont le colza (73 %) pour la filière Gazole ; et le maïs (40%), suivi du blé (40 %) pour la filière essence[5].
[4] Loi de finances 2020
Conseil d’État décision 2021
Commission européenne ILUC regulation
[5] CarbuRe – DGEC
https://carbure.beta.gouv.fr
Les enjeux techniques
Certaines technologies de production de biocarburants avancés sont matures (ex : HVO, HEFA), tandis que d’autres sont encore en phase de démonstration ou de déploiement industriel (ex : carburants lignocellulosiques). Ces carburants sont intéressants car ils offrent un bilan environnemental plus avantageux. Cependant, le gisement en matières premières, notamment les huiles usagées, est limité. [6]
[6] IEA Bioenergy
IRENA Advanced biofuels report
Commission européenne RED II annex IX
Oui ; dans les scénarios actuels, les biocarburants avancés sont à privilégier, mais ne permettront pas à eux-seuls de couvrir la demande pour l’atteinte des objectifs de décarbonation. Les biocarburants de première génération continueront à jouer un rôle dans la transition énergétique, notamment en complément des biocarburants avancés, dont les volumes disponibles resteront limités à court et moyen terme.[7]
[7] IEA Net Zero Scenario
European Commission – Impact assessment RED III
Dans certaines stations directement raccordées à des installations de production de biogaz, des unités de méthanisation par exemple, on peut être certain d’obtenir des molécules de biogaz.
Cependant, la majorité des stations distribuant du GNV sont connectées au réseau de distribution ou de transport de gaz, dans lequel le gaz naturel fossile et le biogaz sont mélangés. Dans ces stations, il n’est pas possible de “trier” les molécules pour s’assurer d’avoir uniquement du bioGNV à la pompe[8].
Cependant, lors de la vente du biogaz, le mécanisme de Garanties d’Origine permet de céder à un consommateur le caractère durable et la valeur environnementale d’une quantité de biogaz injectée dans le réseau.
[8] GRDF – fonctionnement du biométhane
AFGNV
ADEME BioGNV
Les garanties d’origine (GO) sont des certificats électroniques visant à attester l’origine renouvelable d’une quantité d’énergie donnée, produite par une installation ; puis de valoriser son bénéfice environnemental par une mise sur le marché.
Elles sont attribuées aux producteurs d’énergies renouvelables qui peuvent ensuite revendre les GO dépendamment ou non de la molécule de carburant/gaz. Une garantie d’origine correspond généralement à 1 MWh d’énergie renouvelable produit.[9]
Les GO sont émises par le Registre national des garanties d’origine (European Energy Exchange – EEX) qui est aussi responsable d’assurer leur traçabilité. Ainsi est garantie une corrélation entre la consommation physique de la molécule de gaz et sa vente contractuelle dans deux endroits différents.
[9] Directive européenne 2018/2001
EEX – registre européen des garanties d’origine
La durabilité des biocarburants est vérifiée par des systèmes de certification reconnus par la Commission européenne (par exemple ISCC, REDcert). Ces systèmes permettent de délivrer des preuves de durabilité attestant du respect des critères environnementaux fixés par la directive européenne sur les énergies renouvelables. [10]
[10] Commission européenne – Voluntary certification schemes
ISCC certification system
RED II sustainability criteria
Les enjeux agricoles et alimentaires
Non : L’insécurité alimentaire est un problème qui repose sur une multitude de facteurs. Les débats scientifiques portent surtout sur les impacts potentiels indirects sur les marchés agricoles mondiaux, mais les études montrent que ces effets restent limités en Europe. En France, les biocarburants les plus utilisés sont issus de ressources agricoles qui s’inscrivent le plus souvent dans un système de valorisation complémentaire entre les usages pour la production alimentaire d’une part, et pour la production énergétique d’autre part. Par exemple les graines de colza produisent de l’huile pouvant être transformée en biogazole, et le reste de la graine peut être valorisé en tourteaux à destination de l’alimentation animale. Les Cultures Intermédiaires à Vocation Energétiques (CIVE) utilisées dans les méthaniseurs sont, elles aussi, complémentaires aux cultures alimentaires.[11]
[11] FAO biofuel report
Joint Research Centre – ILUC report
OECD biofuels report
Depuis 2015, les biocarburants issus de ressources alimentaires tel que le colza ou le blé sont ainsi limités à 7% de la consommation d’énergie des transports au niveau de l’Union européenne[12]. En France, certaines ressources ont également été exclues (huile de palme, soja) des dispositifs d’incorporation. Ce plafond a été introduit dans la directive européenne RED II.
[12] Directive RED II article 26
Les enjeux socio-économiques du territoire
Non ; dans la Programmation Pluriannuelle de l’Energie 2026-2035 (PPE 3), le gouvernement français s’appuie sur plusieurs sources d’énergies alternatives pour la mobilité, dont notamment l’électricité (voir histogramme ci-dessous). Cependant, les biocarburants joueront un rôle prépondérant dans la décarbonation de la mobilité lourde et intensive difficilement électrifiable (transports aérien et maritime, engins de chantier, engins agricoles et sylvicoles, transports ferroviaire et fluvial, certains transports routiers lourds spécifiques de marchandises et collectifs de voyageurs, pêche, etc.). Les secteurs maritime et aérien, difficiles à électrifier, feront l’objet d’une attention toute particulière.[13]
[13] PPE France
ADEME scénarios énergie
IEA Net Zero

Le Grand Est soutien également la demande. En particulier, 8 sous-actions du plan d’action du Contrat de Filière Biocarburant Durables en Grand Est (2021-2025) concernaient la demande. L’une des actions phares du Plan de Mobilité Faibles Emissions a ainsi permis la subvention aux particuliers de 16 771 boitiers de conversion au bioéthanol, pour un total de 9,3 M€ de soutien régional. De plus, des aides à l’acquisition aux véhicules faibles émissions ont été proposées aux professionnels, et des actions ont été menées pour améliorer le maillage territorial de distribution, et faciliter le développement de nouveaux marchés. [14]
[14] Région Grand Est – Plan de Mobilité Faibles Émissions.
Le développement des filières de biocarburants contribue à la création et au maitien d’emplois locaux, à la valorisation des productions agricoles et à la sécurisation des approvisionnements énergétiques. En France, la filière représente plusieurs dizaines de milliers d’emplois directs et indirects, notamment dans l’agriculture, l’industrie agroalimentaire et l’énergie. Elle contribue également à réduire la dépendance aux importations de pétrole et à renforcer la souveraineté énergétique.[15]
[15] ADEME
FranceAgriMer
ePURE economic impact report
IEA bioenergy
Contact
Par mail : bioeconomie@grandest.fr
Bioeconomy For Change, partenaire de la Région Grand Est
