Textile : Affichage environnemental
Textile : Affichage environnemental
Depuis le 1er octobre 2025, les entreprises du secteur textile peuvent afficher le coût environnemental de leurs produits auprès des consommateurs. Ce dispositif repose sur une méthodologie gouvernementale unique fondée sur l’analyse du cycle de vie, enrichie par des critères spécifiques comme les émissions de microfibres ou l’export hors Union européenne. Dans un premier temps, un coefficient de durabilité non physique est considéré basé sur l’incitation à la réparation et la largeur de gamme. Le score obtenu est exprimé en points d’impact. Si la marque est volontaire pour le présenter en rayon physique ou en ligne, alors la taille de cette représentation graphique doit être au moins équivalente à la taille de police des chiffres du prix en rayon.
Deux textes officiels encadrent ce dispositif : le décret n° 2025-957 et l’arrêté du 6 septembre 2025. Ils précisent les modalités de calcul, les paramètres à renseigner, les catégories de produits concernées et les règles de présentation graphique. Bien que le système reste volontaire, il constitue un levier stratégique pour les marques engagées dans une démarche de transparence environnementale. La Commission européenne a rappelé que ce dispositif ne doit pas créer d’obstacle à la mise sur le marché de produits non concernés, et qu’il ne peut être rendu obligatoire.
La déclaration des données sur le Portail de déclaration de l’affichage environnemental de ProConnect est obligatoire avant toute communication. Il est recommandé aux marques de mettre en place une traçabilité rigoureuse dès le lancement.
Pour réaliser ce calcul du coût environnemental, il est possible d’utiliser l’outil Ecobalyse, une plateforme publique développée par l’ADEME et le Ministère de la Transition écologique. Ecobalyse permet aussi de valoriser nos matières premières françaises : nos moutons français sont surtout élevés pour leur lait ou leur viande, la laine française a donc moins de points d’impacts (928 points contre 3117 pour un pull en laine paysanne française vs Laine Asie-pacifique), le Lin et demain le Chanvre ont moins de points d’impacts que le Coton (332 points contre 758 pour un T-shirt lin français vs coton conventionnel Asie-Amérique du Sud).
Ecobalyse ne se limite pas à une obligation réglementaire : il représente une opportunité pour les entreprises de valoriser leurs engagements, d’anticiper les évolutions du marché et de renforcer leur image responsable. En s’appropriant cet outil dès maintenant, les marques peuvent se positionner comme des acteurs crédibles de la transition écologique, tout en préparant sereinement les futures exigences européennes.
Sylvia MAUCORT, Union des Industries Textiles de Champagne-Ardenne
Bioeconomy For Change, partenaire de la Région Grand Est
